La leptospirose

    La leptospirose est une zoonose de répartition mondiale, à dominante tropicale. Elle touche en France quelque 300 personnes chaque année, elle est due à la bactérie Leptospira Interrogans. Elle a comme principaux réservoirs les rongeurs, en particulier les rats, qui excrètent la bactérie dans les urines. Bovins, ovins, ... ont la notion de porteur sain. Les leptospires se maintiennent assez facilement dans le milieu extérieur (eau douce, sols boueux), ce qui favorise la contamination.

Comment on se contamine ? :

    La contamination se fait par morsure mais le plus souvent par voie percutanée par simple contact hydrique (80%) ; mais elle se fait aussi par contact direct avec l’urine ou les tissus d’un animal infecté ou indirectement par le sol, la végétation ou l’eau contaminée. Les portes d’entrée habituelles chez l’homme sont la peau abrasée, particulièrement des pieds, et les membranes muqueuses exposées telles que la conjonctive ainsi que les muqueuses nasales et buccales. La leptospirose humaine survient à tout âge, en toute saison, et dans les deux sexes. La maladie chez l’homme peut être sévère, pouvant conduire à l’insuffisance rénale, voire à la mort dans 3 à 5 % des cas. Il y a une recrudescence estivo-automnale. Les professions à risque sont : les agriculteurs, les éleveurs, les égouttiers, les éboueurs, ... Les loisirs à risque sont le canoë, la pêche, la chasse...

Quels sont les signes ? :

    L’incubation dure de 4 à 14 jours. De nombreuses formes cliniques, allant du syndrome grippal à l’atteinte multiviscéral avec syndrome hémorragique sont décrites. L’atteinte rénale est une des caractéristiques prédominantes quelle que soit la sévérité. Dans la forme modérée, la maladie débute par une fièvre élevée avec frissons, maux de tête , douleurs musculaires et douleurs articulaires diffuses. Elle peut évoluer souvent vers une atteinte rénale, une atteinte hépatique, une atteinte pulmonaire, un syndrome méningé et dans 20 % des cas un syndrome hémorragique. Les formes graves (forme ictéro-hémorragique ou maladie de Weil) associent insuffisance rénale aiguë, atteinte neurologique (convulsions, coma) et des hémorragies plus ou moins sévères (pulmonaire, digestive). La convalescence est longue, mais généralement sans séquelles. La mortalité peut atteindre 5 % des cas. Des complications oculaires (uvéite, kératite) tardives peuvent survenir. Le diagnostic peut être confirmé par culture ou mieux, par amplification génique lors de la première semaine de maladie suivant l’apparation de la fièvre, ou par sérologie à partir de la deuxième semaine de maladie. La sérologie n’a aucune indication en l’absence de signe clinique, notamment pendant la phase d’incubation.

Comment se traiter et se protéger ? :

    Le traitement des formes graves nécessite une hospitalisation. Il repose sur la réanimation médicale et l’administration d’antibiotiques (pénicilline, amoxicilline) qui diminue le risque de complication, raccourcit l’évolution, atténue la symptomatologie, et diminue la durée du portage rénal.

Quelle prévention ? :

    Les mesures de lutte collective basées sur la dératisation, le contrôle des effluents des élevages industriels, le drainage des zones inondées seraient efficaces mais difficiles à mettre en oeuvre. Un vaccin humain, monovalent, est proposé uniquement aux travailleurs très exposés (égouttiers, éboueurs). Un vaccin bivalent pour les chiens est très largement utilisé en France. Le médecin est votre meilleur conseil en cas de doute.

 

 

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